mardi 5 mai 2009

Un ange passe

Et pour qu'ondule la libellule bleue,
l'enfant étend son doigt et s'écarte du bois.
Elle s'affole, s'effeuille et tourne des yeux globuleux vers son coin abrité -autrefois -
Elle n'est plus au lieu-dit, des ailes bat dans l'air et recherche fatiguée la tranquille harmonie d'un brin d'herbe ou d'un trèfle pour y poser ses pattes, son corps ou son esprit.

Un instant tintinnabule, un temps à faire des bulles pour y clore la raison et enfermer le vide ou le trop plein de rien.

Tout à coup , l'enfant -toupie danse, tourne, tourne et retourne,
s'envole et se disperse à la manière des samares portés par le vent.
Pourquoi ?
Juste pour pas grand chose, juste par régalade.
Peu importe le but, peu importe les chutes. Un peu n'importe quoi !
L'ange s'invente des plumes, se forge un tourbillon et tinte d'un rire sibyllin de clochette aérée - capable de faire se plier un bataillon au garde-à-vous.
Plus fort que du champagne qui a besoin de traces, elle pétille de tout son coeur et on en redemande.

De libellule guère plus de trace.
D'étoiles l'air se parfume.
Ce moment si simple de bonne heure se consume doucement au bord de la Vilaine sur le petit chemin si proche d'un chant de fleurs ...

1 commentaire:

Unknown a dit…

c'est super joli ce poème, et dire que je n'avais jamais lu ni vu tout ça. J'avais perdu l'adresse du blog, trop discret pour moi ? Quoi qu'il en soit je suis conquise